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21 mars - AVEZ-VOUS UNE TENDANCE À ÊTRE UN BOURREAU DE TRAVAIL ? (PARTIE 1)

J’ai eu une conversation cette semaine avec un collègue qui m’a avoué qu’il avait tendance à prendre plus d’engagements que son horaire du temps lui permet de réaliser. Le résultat est qu’il est toujours à la course et cela lui cause des tensions, entre autres avec sa conjointe.

Serait-il un bourreau de travail comme le tiers des Canadiens ? Est-ce que cela vous ressemble ? Mon collègue et moi avons conclu qu’un blogue sur sujet pourrait alimenter une réflexion sur ce phénomène social, alors le voici.

Selon un article publié par Statistiques Canada, presque le tiers des Canadiens travailleurs affirment être des bourreaux de travail. Le phénomène est plus fréquent chez les hommes mariés de 30 – 50 ans, ayant un niveau de scolarité d’études collégiales ou supérieur, et vivant dans une région métropolitaine. Selon Leslie-Anne Keown, analyste à la revue Tendances sociales canadiennes : « Le temps semble filer entre les doigts des bourreaux de travail. Ils consacrent plus d’efforts au travail, mais ils n’en retirent pas plus de satisfaction ou de plaisir que les autres travailleurs. Ils sont insatisfaits du manque d’équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle et ils souhaiteraient passer davantage de temps avec leur famille et leurs amis. De même, ils aimeraient passer plus de temps seuls. L’impression de manquer de temps est un élément plus stressant dans leur vie quotidienne qu’il ne l’est dans celle des autres travailleurs. Cette impression leur donne le sentiment d’être pressés, pris au piège dans leurs routines quotidiennes et incapables de terminer tout ce qu’ils pensent devoir faire. Dans l’ensemble, le temps semble leur échapper[1]. »

Plus je vieillis, plus que je me rends compte que « l’activité est le précieux trésor de l’homme » (Prov.12 :27), mais il n’est pas forcément synonyme de réussite. Pourquoi certaines personnes ont-elles tendance à être des bourreaux de travail ? Est-ce parce qu’elles mesurent leur succès par la façon dont elles sont occupées? En fin de compte, bien des leaders se vantent d’être très occupés, mais cela donne un faux sentiment d’accomplissement. Avez-vous remarqué que Jésus, le plus grand leader de la Bible n’était jamais débordé ? Il a simplement accompli ce que Son Père céleste voulait qu’il fasse. Son objectif n’était pas d’avoir un horaire surchargé, mais plutôt de porter du fruit. Je vous suggère donc de considérer remplacer le mot « temps » par « vie », car c’est davantage notre vie et non notre temps que nous devons apprendre à gérer si l’on veut garder le cap et jouir d’un ministère fructueux. La Bible nous enseigne aussi à être comme Jésus, des porteurs de paix. Cette mission devient plutôt ardue lorsque nous-mêmes nous nous retrouvons complètement débordés et rongés par le stress.

Les leaders sont submergés par une foule d’événements et d’activités et ils finissent souvent par réagir aux circonstances de la vie au lieu d’en être résolument acteurs. Alors, quand je donne une formation sur « Le leader et la gestion de sa vie », je suggère six prises de conscience essentielles pour commencer une réflexion sur le sujet. Elles sont :

Nous gaspillons tous du temps. Rares sont les personnes disciplinées au point qu’elles ne gaspillent pas de temps.
Nous ne pouvons modifier la quantité de temps qui nous est allouée.
Il nous faut reconnaitre que le temps est, certes, l’une des ressources les plus importantes de l’humanité.
Nous ne pouvons rien faire pour rallonger le temps dans une journée.
La seule chose que nous pouvons faire, c’est de gérer nos priorités. Au fond, nous sommes des intendants du temps qui nous est alloué.
Nous pouvons aspirer à faire plusieurs choses, mais nous ne pourrons pas tout faire. Alors nous devons faire des choix. Mais pourquoi est-ce si difficile de choisir?
Le défunt, Peter Drucker, a fait la déclaration suivante pendant qu’il était consultant en management: « Ce qui caractérise le plus les dirigeants efficaces est sans aucun doute leur attachement à prendre soin (gérer) du temps. » Avez-vous déjà pensé que dans les sociétés primitives, personne n’avait de montre et tout le monde avait du temps, tandis que dans nos sociétés contemporaines, plus personne n’a le temps, bien que tous aient une montre? Pourquoi sommes-nous si convaincus que nous devons en faire plus? Pourquoi avons-nous tant de leaders totalement épuisés par le train de vie qu’ils s’imposent? Ce phénomène n’est pas présent seulement dans le monde corporatif, mais aussi dans les milieux religieux et certainement parmi les chrétiens évangéliques. Il est donc important de faire une réflexion sur le sujet AVANT de de subir des effets au détriment de notre vie familiale, de notre santé spirituelle, professionnelle et surtout physique.

Le Psaumes 90 :12 dit : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre coeur à la sagesse ». La semaine prochaine je vais continuer cette réflexion du défi de la gestion du temps, ou plutôt la gestion de notre vie.

 

Question de mentorat : Est-ce que ce phénomène vous interpelle? Si oui, je vous encourage à vous ouvrir avec une personne de confiance sur le sujet cette semaine et surtout, à trouver des solutions pour y remédier avant d’en souffrir et de faire souffrir ceux qui vous aime.

 

[1] http://www.statcan.gc.ca/pub/11-008-x/2007001/pdf/9629-fra.pdf

 

Par Pierre Bergeron

avec l'aimable autorisation de l'auteur que vous pouvez retrouver sur www.sisleadership.com