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6 mars - QUI SABOTE VOTRE MINISTÈRE / LEADERSHIP ?

J’ai préparé dernièrement un atelier de leadership qui porte sur « l’insécurité émotionnelle ». Un des textes que j’ai utilisés est l’histoire du vigneron et des ouvriers embauchés dans la vigne de Matthieu 20 :1-16.

Je trouve révélatrice l’attitude des ouvriers qui est un excellent reflet de ce qui arrive lorsque nous retirons nos yeux de la personne de Dieu et commençons à focaliser sur nous-mêmes. Voici donc quatre attitudes malsaines qui découlent de l’individualisme que Jésus corrige en utilisant cette parabole.

1. Égocentrisme

Lorsque nos yeux ne sont plus sur Dieu, nous devenons égocentriques et focalisons sur « notre part du travail dans la vigne » plutôt que sur l’ensemble de l’œuvre que Dieu est en train de réaliser. Notre participation prend une importance démesurée et la nature humaine nous pousse à nous comparer aux autres et crier à « l’injustice » si quelqu’un a plus que nous. Pourtant, une telle attitude est néfaste et finit par saboter notre propre leadership.

2. Comparaison

Ensuite vient la dance de la comparaison. Celle-ci nous amène à oublier et même ignorer la grâce que Dieu nous a manifestée parce que nous passons trop de temps à regarder aux autres en comparant leurs opportunités par apport aux nôtres. De cette comparaison peut découler une attitude de victimisation par Dieu. Souvent les gens n’osent pas le dire à haute voix mais ils pensent que Dieu a « injustement » donné la « bonne opportunité » à quelqu’un d’autre. Cette déduction les amène à percevoir les autres comme étant des compétiteurs plutôt que des collaborateurs.

3. Présomption d’une récompense équitable

Il est facile d’oublier que nous avons choisi de servir Dieu et que la promesse de Dieu est de répondre à nos besoins. Dans le texte de Matthieu 20, nous lisons que lorsque « le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant: Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison. » Il est vrai que « l’ouvrier mérite son salaire » mais comme les ouvriers de la première heure, nous avons parfois tendance à trop présumer quand vient le temps d’être rémunéré pour notre travail, oubliant que servir est un don et non une question de mérite ou de droit.

4. Distorsion

Il est évident que lorsque nous sommes aux prises avec de telles attitudes, la réalité devient embrouillée. Nous jugeons les autres comme ayant moins de valeur que nous et nous avons de la difficulté à saisir que le royaume de Dieu (et les opportunités de service) repose sur la grâce et non sur le mérite.

Cet individualisme contribue à identifier un leader aux prises avec de l’insécurité émotionnelle et en passant, tous les leaders en vivent à un moment donné. Même l’apôtre Pierre était aux prises avec cette attitude lorsqu’il qui dit au Seigneur « Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il » ? La réponse de Jésus fut: « Si Je veux qu’il demeure jusqu’à ce que Je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »

La morale de l’histoire est que nous n’avons pas besoin des autres pour saboter notre ministère, l’individualisme s’en occupera. Je comprends pourquoi le roi David a prié « Sonde-moi, ô Dieu, pénètre mon cœur, examine-moi, et pénètre les pensées qui me bouleversent! Considère si je suis le chemin du mal et dirige-moi sur la voie de l’éternité! » Au fait, c’est devenu ma prière!

Question de mentorat : « Quelles attitudes dans votre vie sabotent votre ministère / leadership ? »

 

Par Pierre Bergeron

avec l'aimable autorisation de l'auteur que vous pouvez retrouver sur www.sisleadership.com