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28 fév - BÉNÉVOLAT OU SERVICE?

Je m’entretenais dernièrement avec une personne qui voulait faire du bénévolat dans un organisme mais après réflexions, elle s’est retrouvée dans un conflit de valeurs.

En tant qu’étudiante universitaire, sa définition d’un bénévole est une personne qui « s’implique gracieusement dans un organisme pour son plaisir personnel, ses croyances et pour que cette expérience participe à sa croissance autant personnelle que professionnelle et spirituelle. L’organisme dispose donc, de son temps et de ses services gracieusement, et essaie en retour de faire en sorte qu’elle prenne plaisir dans ses tâches tout en développant son potentiel. » Cette approche philosophique, qui est enseignée dans nos universités, est principalement centrée sur le bénévole. Cette définition est compréhensible dans une société qui prône l’individualisme.

Mais que fait-on dans des organismes caritatifs? Il y a certes un conflit de valeurs quand nous considérons la généreuse participation d’une multitude de gens qui œuvrent dans des organismes à caractère religieux comme des églises locales ou le bénévolat porte plutôt le nom de « ministère ou service ».

Dans les milieux dit séculiers, une personne sera « bénévole » parce qu’elle a du temps ou des talents à partager pour une cause. Sa motivation peut être : l’avancement de la cause, son divertissement personnel, acquérir de l’expérience pour améliorer ses compétences ou pour partager son savoir faire en faisant du mentorat avec des leaders émergeants

Cependant, dans les milieux religieux, le terme « bénévole » est moins utilisé et l’emphase est mise davantage sur le mot « ministère » lequel signifie « service ». Le concept vient de la notion que lorsque nous nous engageons dans un cheminement de foi, nous nous mettons « au service » de Dieu et par conséquent, de son Église et de la communauté. Donc, la motivation pour le « service » n’est pas l’épanouissement personnel ou le plaisir que je peux en retirer mais ce sont des gestes d’amour à l’égard de notre Seigneur et l’avancement de sa « cause ». Certes, en servant, la personne a l’opportunité de grandir sur le plan personnel, professionnel et spirituel mais ce n’est pas l’objet principal de son service, je dirais que c’est plutôt un bénéfice secondaire.

Ce qui motive le service dans les milieux religieux chrétiens est le modèle que Jésus, le Maître a préconisé, cité dans l’Évangile de Marc 10 :45 où il a déclaré que « le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup ». Dans l’Évangile de Luc 22 :27, nous retrouvons la discussion entre Jésus et ses disciples qui sont à la recherche d’une position d’autorité, du pouvoir, et Jésus leur dit : « Que le plus grand parmi vous soit votre serviteur. » Les disciples, qui étaient individualistes cherchaient une position pour leur propre plaisir, leur épanouissement ; pourtant, Jésus leur rappelle ce principe qu’être un grand leader c’est de se mettre au service des autres. De plus, les leaders spirituels ne sont pas au service de l’organisation mais du Christ lui-même. Le principe du service que nous retrouvons dans Col 3 :23, 24 est : « Tout ce que vous faites, faites-le de tout votre cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur un héritage pour récompense. [En effet,] le Seigneur que vous servez, c’est Christ. »

Ceci dit, les leaders chrétiens doivent désirer servir et non être servis, donner et non prendre. Ils doivent trouver une véritable joie dans leur service envers Dieu, l’Église et la communauté. Voici donc où se situe le conflit entre la philosophie de la société et celle de l’Église : dans la philosophie chrétienne, que de prioriser son bonheur personnel serait comme violer le cœur même du serviteur.

Bref, dans l’Église comme dans les organisations religieuses, ce n’est pas du « bénévolat » que nous faisons mais du « ministère ». Nous sommes motivés par une attitude de service pour l’avancement du royaume de Dieu. Un désir de se rendre utile, « de faire tout ce que notre main trouve de bon à faire avec la force que nous avons » en fonction de nos dons, personnalités et capacités.

Question de mentorat : Comment pouvez-vous aider les gens sous votre leadership à comprendre la différence entre le « bénévolat » et le « service » ?

 

Par Pierre Bergeron

avec l'aimable autorisation de l'auteur que vous pouvez retrouver sur www.sisleadership.com